Sous le palmier, la vie : Leçons de vulnérabilité, d’effort et de guérison

« Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : ‘Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant et que je fusse totalement oubliée !’ Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle : ‘Ne t’afflige pas : ton Seigneur a placé à tes pieds une source d’eau. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et réjouis-toi.’ »¹

Ces versets sont une lumière pour quiconque traverse une épreuve. Ils nous racontent l’histoire de notre bien-aimée Maryam (ra) qui, au seuil de l’enfantement, se retrouve seule face à la douleur physique et morale.

Reconnaître sa vulnérabilité : le début du secours divin

Maryam (que Dieu l’agrée), dans un moment d’extrême vulnérabilité, laisse échapper ce cri du cœur : « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant et que je fusse totalement oubliée ! »

Cette parole révèle la détresse profonde d’une femme seule face à son épreuve. Nous ressentons sa souffrance, sa solitude, sa fragilité humaine.
La douleur de l’accouchement est souvent décrite comme l’une des plus puissantes que l’être humain puisse endurer. Loin du confort d’un hôpital moderne et de toute médication pour réduire l’effet des contractions, notre douce Maryam (ra) lutte dans la nature silencieuse, avec le poids lourd que représente sa situation de femme vierge qui est en train de donner miraculeusement la vie.

Dans la reconnaissance sincère de sa vulnérabilité commence le secours divin. Le tawakkul, cette confiance en Dieu, naît souvent après que nous avons réalisé et reconnu notre incapacité à tout maîtriser. C’est dans cette posture d’humilité que la lumière divine perce les ténèbres de nos épreuves, lorsqu’on s’abandonne totalement à Son décret.

Combien d’entre nous ont déjà ressenti ce mélange de douleur et d’impuissance face à l’adversité ou à l’épreuve ? Puis, contre toute attente, cette immense inquiétude qui nous étouffait finit par se dissiper…

Le secours divin dans l’effort humain

Toutefois, il est important de souligner que lorsque ce secours arrive, il ne se manifeste pas sans notre participation. « Secoue vers toi le tronc du palmier » : cette injonction est riche d’enseignements.
Notre douce lalla Maryam (que Dieu l’agrée) est à bout de forces, mais il lui est tout de même demandé d’agir, d’accomplir un geste, aussi infime soit-il.

Cela nous enseigne que, même dans la détresse, notre propre libération passe par un effort personnel (sabab). Celui-ci est une clé de la spiritualité active. Quel que soit le contexte dans lequel nous nous trouvons, nous sommes invités à mettre en place des actions pour avancer.
Encore plus impressionnant, la méthode qui lui est proposée est précise : « vers toi ». Le geste est orienté. Ce n’est pas un effort désordonné, mais un acte guidé par Dieu, l’Omnipotent.

La nature comme guérison : eau et dattes, subsistance et soin

Dieu, dans Sa Miséricorde infinie, place aux pieds de Maryam (ra) une source d’eau et lui offre des dattes fraîches et mûres. L’eau, cet élément de la vie et de la purification. Les dattes, elles, sont un aliment nourricier mais aussi connu pour leur effet thérapeutique.

Des études contemporaines ont démontré que la consommation de dattes en fin de grossesse favorise l’accouchement en stimulant les contractions utérines et en réduisant le besoin d’interventions médicales (Al-Kuran et al., 2011). Ce fruit n’a pas été choisi au hasard. Cela aurait pu être tout autre chose, mais il s’agit d’un palmier-dattier. Il y a dans ce choix une sagesse qui nous invite aussi à voir la nature comme un livre de signes divins.

Valorisation de la femme et sagesse féminine

Maryam est seule, souffrante, mais Dieu veille sur elle. Cette solitude apparente est révélatrice : elle n’est pas abandonnée. Dieu l’honore de Son attention particulière. Dans ce verset, la femme est reconnue dans sa capacité à porter la vie, mais aussi dans sa force, son endurance et sa dignité.

Ces versets peuvent donc être une invitation à :

  • Accueillir notre vulnérabilité avec humilité,
  • Poser des actes, même petits, dans la difficulté : toujours agir,
  • Découvrir les remèdes que Dieu a placés dans la nature.

« Mange, bois et réjouis-toi. »

L’ordre des mots interpelle : manger d’abord, boire ensuite, puis se réjouir. Comme si l’apaisement de l’âme passait d’abord par la restauration du corps. Dieu prend soin de l’humain dans son entièreté : physiologique, psychologique et spirituelle.

Ce verset est une lumière pour celles et ceux qui avancent dans l’obscurité. Il nous rappelle que, dans la douleur et l’épreuve, il y a le secours de notre Créateur. Que Dieu guide chacun de nos pas.

Références

¹ Surah Maryam 23-26
² Al-Kuran O, Al-Mehaisen L, Bawadi H, Beitawi S, Al-Akash H. (2011). The effect of late pregnancy consumption of date fruit on labour and delivery. Journal of Obstetrics and Gynaecology, 31(1), 29-31.

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