Le Verset du Trône : Quand la Parole Divine illumine nos Vies

Le verset du Trône (Ayat al-Kursi) est sans doute l’un des plus majestueux du Coran. Il évoque la grandeur et la souveraineté absolue de Dieu, rappelant Sa Toute-Puissance, Son Omniscience et Son infinie miséricorde. Ce verset, loué par le Prophète est une clé pour qui cherche à raffermir sa foi et à s’ancrer dans la présence divine. À travers cette méditation, il est question de comprendre pourquoi ces paroles célestes résonnent si profondément dans le cœur des croyants et en quoi elles nous recentrent sur l’essentiel : la reconnaissance de l’Unicité de Dieu et la reliance à Lui en toute circonstance.
« Dieu, il n’y a d’autre Dieu que Lui, le Vivant, celui qui pourvoit à tout. Lui qui échappe à l’assoupissement et au sommeil. Lui, le Maître des cieux et de la terre. Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans sa permission ? Il connaît le passé et l’avenir. Et les hommes n’appréhendent de Sa science que ce qu’Il veut bien. Son Trône déborde le ciel et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Il est le Très-Haut et le Tout-Puissant. » (1)
Le plus sublime du Coran
Il s’agit du meilleur verset du Coran selon ce hadith : Ubayy ibn Ka’b rapporte que le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) lui dit un jour : « Ô Abû Mundhir ! Sais-tu quel est le verset le plus sublime du Coran que tu as retenu ? » Je lui répondis : « Dieu et Son Messager le savent mieux que quiconque. » Il répéta sa question plusieurs fois. J’ai répondu finalement : « C’est le verset du Trône : “Dieu ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même…”. » Il me tapota sur la poitrine et me dit : « Que ton savoir te soit salutaire, Ô Abû Mundhir ! »
Nous sommes des humains, faibles, avec nos manquements et nos peurs. Des êtres traversés par la tristesse et la joie, les épreuves et les faiblesses. Dans notre orgueil, nous croyons pouvoir tout affronter, jusqu’à ce qu’une simple douleur physique nous rappelle notre fragilité. Nous nous pensons forts et autonomes, mais à la moindre angoisse, notre cœur se serre. Et pourtant, malgré cette faiblesse, notre existence a un but d’une noblesse infinie : nous avons été façonnés pour Te vouer notre adoration, ô Seigneur.
Pourquoi le choix de ce verset ?
Parce qu’il parle de Toi, ô Allah. Il commence par Ton Nom, parle de Toi et se conclut par l’un de Tes Noms sublimes, témoignant ainsi de Ta majesté. Il débute par le fondement même de la foi : « Dieu, il n’y a d’autre divinité que Lui ». Il met en avant l’unicité divine, le cœur de toute adoration, ce lien indéfectible qui nous unit à Toi. C’est la première parole que l’on prononce pour entrer en Islam et la dernière que l’on espère dire avant de rejoindre Celui qui détient nos âmes entre Ses Mains.
Abû Mûsâ al-Ash’arî (que Dieu l’agrée) rapporte que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Celui qui évoque son Seigneur et celui qui ne L’évoque pas sont comparables au vivant et au mort. » (2)
Ce hadith trouve un écho particulier dans le verset du Trône. Juste après l’affirmation de l’unicité divine – « Dieu, il n’y a d’autre divinité que Lui » – apparaît l’un de Ses Noms sublimes : « Le Vivant ». Ce lien met en lumière une vérité essentielle : l’évocation de Dieu insuffle la vie aux cœurs, tandis que l’oubli de Sa présence les plonge dans un état d’inertie spirituelle, semblable à la mort.
Que de corps en mouvement, respirant, parlant, mais dont l’âme est éteinte faute d’avoir ancré l’unicité de Dieu en eux. L’unicité de Dieu sur terre nous permet d’être vivant, et être vivant ici-bas, c’est être présent à Lui.
Nous nous tournons vers Toi pour quémander les biens de ce monde ou espérer une rétribution. Dans l’épreuve, lorsque la crainte s’empare de nous, en quête de savoir ou d’élévation spirituelle, nous cherchons refuge auprès de Toi. Nos mains se lèvent vers Toi dans la maladie, avant une épreuve, dans l’espoir de Ton paradis et la crainte de Ton châtiment. Nous T’implorons pour la bonne compagnie, pour apprendre Ta Parole…
Mais ce verset parle de Dieu, de Lui seul, nous invitant à nous recentrer sur l’essentiel. Comme le disait Rabiaa Al Adawiya :
« Ils T’adorent tous par crainte de Ton enfer,
Ils voient tous que le salut est le meilleur dû,
Je n’ai rien à dire au sujet de l’enfer et du Paradis,
Moi, je n’accepterai rien
En échange de Celui que j’ai aimé. »
Ce verset ramène à l’essence même de l’existence. Il mérite d’être médité sans cesse, récité avec ferveur, approfondi avec attention.
Prendre conscience de la Majesté de Dieu
Ce verset est un trésor céleste pour les créatures terrestres. Pourquoi ce verset a-t-il une si grande valeur ? Pourquoi ses mérites sont-ils si nombreux ? Quel est son secret ?
Tous les versets sont des lumières pour notre existence, mais celui-ci se distingue par la récurrence du Nom divin. Il magnifie la Toute-Puissance, la souveraineté et l’Unicité de Dieu.
Si notre cœur reste insensible en écoutant ce verset, c’est qu’il nous faut encore le méditer, le lire et le relire. Nous devons persévérer dans notre quête et frapper sans relâche à la Porte du Miséricordieux. Notre cœur est peut-être encore fermé, mais la Porte du Tout-Aimant est ouverte à celles et ceux qui Le recherchent sincèrement. Ce verset éveille notre cœur pour atteindre al-Ihsan, le bel-agir, afin d’adorer Dieu comme si nous Le voyions.
Avec ce verset, nous prenons conscience de la majesté de Dieu et de la nécessité de ne pas nous tourner vers les créatures pour nos besoins, mais plutôt vers leur Créateur. Pourquoi confier nos peines à un être voué à disparaître, alors que je peux frapper à la Porte de Celui qui ne meurt jamais ? Qu’espérer d’un mortel fragile, quand Le Vivant, Celui qui jamais ne sommeille, est toujours accessible ? Ce verset nous invite à goûter à cette khalwa, cette retraite spirituelle. À méditer sur la grandeur de Dieu tout en reconnaissant notre propre faiblesse. Cette retraite spirituelle nous permet de vivre cet isolement. Un isolement qui n’en est pas un, car il est empli de la présence divine : « Son Trône déborde le ciel et la terre ». Une retraite où l’âme s’épanouit dans la contemplation de la grandeur de Dieu et l’immensité de Son Amour. Se retirer du monde pour être avec Celui qui possède tout, Le Souverain des cieux et de la Terre.
Vivre pleinement ce verset
Ce verset éveille notre cœur pour atteindre al-Ihsan, le bel-agir, afin d’adorer Dieu comme si nous Le voyions. En l’écoutant, un mot vibre au plus profond de moi : Al-Hayy ; Le Vivant.
Nous cherchons à préparer notre mort, mais avons-nous vécu notre vie ?
Vivre pleinement, c’est être présent à Dieu. Si nous sommes loin de Lui ici-bas, alors nous sommes assurément morts, bien que notre corps soit en vie.
Tu es Celui qui est Vivant et qui ne meurt jamais, fais vivre nos cœurs dans cette vie par Ta connaissance et, dans la Vie Dernière, par Ta Vision et Ta Proximité.
Ce verset m’aide à me recentrer sur l’Essentiel, et j’aime cette sensation d’avoir l’esprit tourné vers Lui seul.
Le but de notre vie ici-bas et dans la Vie Dernière, c’est de ne désirer que Ta Présence.
Ma vie est belle lorsque je Te parle, lorsque je lis Tes paroles, lorsque je T’évoque, lorsque je T’invoque. La vie est belle en compagnie de Dieu, la vie n’a de sens que par Ta présence. « Allah, il n’y a d’autre Dieu que Lui. »
- Coran, sourate 2, verset 255
- Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.